BIM et retro-conception avec Jérôme Loywick de Bouygues Bâtiment Nord-Est

BIM et retro-conception avec Jérôme Loywick de Bouygues Bâtiment Nord-Est
Bonjour Jérôme, vous êtes BIM Manager et spécialiste BIM chez Bouygues Bâtiment Nord Est, quel est votre parcours et comment vous êtes arrivé dans le BIM ?

Mon parcours est un peu atypique, car j'ai entamé des études dans le domaine de la mécanique, avant de me réorienter après ma licence dans le domaine de la construction. En arrivant dans le monde professionnel chez Bouygues en 2009, j'ai été surpris de constater le faible niveau d'utilisation des outils numériques dans le monde du bâtiment, alors que dans les industries, ces outils ont une place très importante pour la conception.

Le premier projet sur lequel j'ai été mobilisé chez Bouygues était la construction du nouveau centre hospitalier de Calais, et l'équipe travaux était motivée pour réaliser un modèle numérique du projet. Très vite, des applications ont été trouvées : modes opératoires, plans de cycles, extraction de nomenclatures,...

Depuis, nous utilisons la maquette numérique sur la quasi-totalité de nos projets avec des applications spécifiques pour la conception, la construction ou l'exploitation.

 

Sur quels types de bâtiments travaillez-vous ? Quelles sont vos missions ?

J'ai eu l'opportunité de travailler sur la mise en place du BIM et de la maquette numérique sur des opérations de réhabilitation lourde, habitât, bâtiments industriels ou encore ouvrages fonctionnels. Le projet le plus mémorable est probablement le tribunal administratif de Lille, pour lesquels nous avons remporté un BIM d'argent dans la catégorie rénovation.

Mes principales missions sont la mise en place de protocoles et de processus pour travailler en BIM collaboratif sur les projets avec les architectes, bureaux d'études, ou entreprises partenaires. Lors de la phase de réalisation, j'interviens pour la synthèse architecturale et technique. Je suis également réfèrent pour la mise en place des outils numériques sur les chantiers, et l'accompagnement de nos clients pour l'utilisation du BIM en phase d'exploitation.

 

Pourriez-vous nous parler de la retro conception dans le bâtiment ? Dans quels cas utilise-t-on cette technique ?

En mécanique, la rétro-conception consiste à générer une géométrie volumique à partir d’un objet réel. Cette technique est utilisée pour améliorer les pièces mécaniques, en faisant du prototypage rapide, ou alors pour recréer des moules.

Pour le bâtiment, nous utilisons un scanner 3D pour capturer avec précision la géométrie et la position des éléments. J'ai notamment utilisé cette technique pour des projets de réhabilitation / rénovation pour lesquelles nous n'avions pas de données d'entrée graphiques (plans, DOE, ...)

 

Pourriez-vous nous citer quelques projets où vous avez utilisé la rétro conception ?

La dernière en date étant un projet d'extension et de modernisation d'un centre logistique de 42000 m2, pour le compte d'un grand distributeur allemand. Nous n’avions pas de plan de l’état actuel du bâtiment.

Pour le Tribunal Administratif de Lille, nous avions également procédé de la même manière.

 

Comment procède-t-on concrètement lors d’une mission de rétro conception ?

Le nuage de points qui a été obtenu suite au scan du bâtiment est intégré et géo-référencé dans Revit. Cela sert de "squelette" à la modélisation 3D du bâtiment, ce qui permet de garantir un modèle "as built" avec une précision inférieure à 5mm. Reste ensuite à modéliser les éléments à partir de coupes dans le nuage de points.

Il existe aussi des méthodologies permettant de modéliser la structure de manière semi-automatique grâce à un algorithme.

 

Avez-vous des conseils ou des retours d’expériences particuliers pour mieux réussir une rétro conception ?

Pour garantir une modélisation fidèle, il faut veiller à ne pas avoir d'éléments perturbant lors de la réalisation du scanner 3D. Par exemple, il est préférable d'avoir la structure visible (sans le doublage ou les faux plafonds).

Lors d'une modélisation manuelle, il est parfois difficile de retranscrire avec fidélité les imperfections du bâtiment (déformées de planchers, murs incurvés,…). Il faut donc penser à l’usage final de la maquette BIM et adapter le niveau de précision en conséquence. Par exemple, si l’on envisage d’implanter des ouvrages à partir de la maquette 3D, il faudra accorder une précision importante à l’emplacement des ouvrages existant !

 



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