JUNN, le jumeau numérique national : un projet souverain à suivre de près
NouveauL'État a officialisé le 15 avril son soutien à JUNN, le jumeau numérique national porté par l'IGN, le CEREMA et l'INRIA. 25 millions d'euros sur trois ans via France 2030, 14 millions complémentaires apportés par les partenaires, un consortium de 14 acteurs publics et privés, et quatre territoires pilotes : Alpes-Maritimes, Charente-Maritime, Gironde et Ille-et-Vilaine.
Ce que JUNN propose
Un socle technologique commun et souverain : briques logicielles, standards d'interopérabilité, visualisation 2D/3D, simulation. L'objectif est de mettre à disposition des collectivités des données nationales homogènes et des fonctionnalités partagées, sans investissement initial lourd.
Cas d'usage prioritaires : aménagement, résilience climatique (îlots de chaleur, inondations, incendies, traits de côte), biodiversité, eau, forêt, énergies renouvelables dans le cadre de la loi APER, mobilité, épidémies. Un périmètre large, orienté transition écologique et aide à la décision publique.
Le consortium réunit IGN, CEREMA et INRIA, aux côtés du CNES, de l'IFPEN, du BRGM, de 1Spatial France (coordination), Camptocamp, Cap Digital, Géodata Paris, GeometryFactory, Geofit/IGO, Siradel, LuxCarta, et Dassault Systèmes, arrivé en 15e partenaire sur le cas d'usage "adaptation climatique des villes". Une "Équipe de France" de 200 acteurs, issus d'un appel à communs de 2024, gravite autour du projet.
Quelques points d'attention
Le communiqué officiel annonce "un premier ensemble opérationnel d'applications fin 2026", tandis qu'un article Localtis publié pour la Banque des Territoires évoque un "prototype de socle technique au printemps 2027" et une phase d'exploitation opérationnelle en 2029. Les jalons communiqués ne se recouvrent pas totalement, et méritent d'être clarifiés.
Le modèle économique, quant à lui, est annoncé comme devant se construire "progressivement" à partir des retours d'expérience des collectivités. Les premiers appels à contribution, attendus avant la fin 2026, seront le premier signal concret pour les fournisseurs de solutions.
Enfin, le texte évoque des "standards d'interopérabilité" au pluriel sans en nommer aucun. Un point à suivre pour l'écosystème construction numérique et BIM, dont les référentiels pourront jouer un rôle dans l'articulation entre le socle national et les jumeaux à l'échelle du bâtiment.
À suivre
JUNN est un projet structurant pour la gestion numérique des territoires et pour la souveraineté française. Son périmètre couvre à ce stade surtout le géospatial et la recherche. Les conditions d'articulation avec l'écosystème construction numérique et BIM restent à préciser, et se joueront dans la phase d'appels à contribution ouverte d'ici fin 2026. Un projet à suivre de près.
Plus d'infos sur le site officiel : junn-france.fr


