PILOT BIM ou BIMPLUS : deux approches pour coordonner un projet BIM
Une maîtrise d’œuvre ou un BIM manager qui cherche un environnement pour coordonner une maquette fédérée peut légitimement croiser PILOT BIM et BIMPLUS dans la même réflexion. Les deux couvrent un besoin proche : rassembler les modèles, détecter les collisions, suivre les versions et centraliser les remarques dans un environnement commun de données (CDE).
Le recouvrement fonctionnel est réel, mais les deux solutions n’abordent pas ce besoin de la même façon. L’écosystème de l’éditeur, le mode de déploiement et l’ancrage sur le marché francophone séparent nettement les deux approches, souvent avant même la phase d’évaluation détaillée.
PILOT BIM et BIMPLUS en bref
| Critère | PILOT BIM | BIMPLUS |
|---|---|---|
| Éditeur | ASCON (Russie) | ALLPLAN (Allemagne) |
| Déploiement | Desktop, on-premise ou cloud | Cloud/SaaS, hébergement européen |
| Écosystème | Ouvert, alimenté par IFC | Écosystème ALLPLAN et open BIM |
| Accès | Contact générique, sans tarif public | Ressources FR, tarif public, essai |
| Gestion documentaire | Circuits d’approbation configurables | Révisions, tâches et problèmes |
Ce qu’elles ont réellement en commun
Les deux solutions servent le même objectif de coordination BIM autour d’un modèle fédéré : agréger les maquettes issues de plusieurs disciplines, détecter les collisions, suivre les versions et gérer les remarques dans une logique de CDE. C’est ce socle commun qui explique qu’elles puissent apparaître côte à côte dans une sélection de solutions pour la synthèse et la gestion de données de projet.
Les différences qui comptent
Ancrage francophone et accès commercial
Le premier écart se voit dès la prise de contact. PILOT BIM ne propose ni site ni documentation en français ; l’accès passe par un contact générique ou des revendeurs, sans tarification publique affichée. BIMPLUS met à disposition une page produit et des ressources en français, un contact commercial dédié, une tarification publique et un essai gratuit annoncé.
Pour une structure française attachée à un support local, à une documentation en français et à un parcours d’achat simple, cette différence d’implantation pèse souvent dès l’étape d’évaluation.
Modèle de déploiement
Les deux solutions ne se déploient pas de la même manière. PILOT BIM existe en Desktop, on-premise ou cloud/SaaS, avec les traitements lourds — assemblage du modèle consolidé, calcul des collisions — exécutés côté serveur. BIMPLUS est une plateforme cloud/SaaS uniquement, hébergée en Europe et annoncée conforme au RGPD.
Une organisation soumise à des contraintes d’hébergement ou tenant à un fonctionnement on-premise regardera davantage PILOT BIM. Une équipe qui préfère une plateforme cloud clé en main, avec hébergement européen, se tournera plutôt vers BIMPLUS.
Intégration à un écosystème de conception
La façon dont chaque solution s’insère dans une chaîne d’outils diffère aussi. PILOT BIM s’alimente de tout logiciel exportant en IFC et se positionne comme environnement de coordination et de gestion documentaire, sans connecteurs tiers nommés. BIMPLUS s’inscrit dans l’écosystème ALLPLAN, avec des workflows conception-construction, une synchronisation MS Excel et une intégration LUSAS mises en avant, en plus de l’ouverture open BIM.
Une équipe déjà équipée en ALLPLAN, ou qui souhaite des allers-retours de données via Excel, tirera davantage parti de BIMPLUS. Une équipe multi-logiciels, agnostique et centrée sur l’échange IFC, trouvera PILOT BIM cohérent avec ses pratiques.
Logique de gestion documentaire et d’approbation
Sur les circuits de validation, les positionnements diffèrent. PILOT BIM met en avant des circuits d’approbation configurables — parallèles, séquentiels ou mixtes — avec statuts, échéances, attributs et scripts d’automatisation, dans une logique de CDE et de gestion documentaire intégrée. BIMPLUS gère les révisions, les documents, les tâches et les problèmes à traiter, mais communique moins sur des circuits d’approbation avancés et scriptables.
Pour des projets qui exigent des workflows de visa structurés et automatisables, PILOT BIM affiche un positionnement plus explicite sur ce terrain.
Quand regarder plutôt PILOT BIM
- si le projet nécessite un déploiement on-premise ou un contrôle serveur des traitements lourds ;
- si le besoin principal porte sur des circuits d’approbation et de visas configurables et automatisables ;
- si l’environnement logiciel existant est multi-éditeurs et repose entièrement sur l’échange IFC ;
- si la gestion documentaire et la coordination doivent tenir dans un même outil.
Quand regarder plutôt BIMPLUS
- si l’équipe cherche une plateforme cloud open BIM avec hébergement européen et conformité RGPD affichée ;
- si un ancrage francophone — site, ressources, support commercial, tarif public — est déterminant ;
- si l’environnement logiciel existant repose sur ALLPLAN ou sur des échanges de données via MS Excel ;
- si le besoin inclut une simulation de planning intégrée à la plateforme.
Points à vérifier avant de choisir
- la disponibilité réelle, le support et la documentation de PILOT BIM sur le marché francophone, ainsi que les conditions d’accès commercial ;
- l’hébergement et la localisation des données de PILOT BIM, non communiqués, au regard des exigences de conformité ;
- le périmètre exact de la fédération multi-logiciels de BIMPLUS et l’étendue réelle de la détection de collisions selon l’édition ;
- les conditions précises de licence, les éditions et les limites de stockage de BIMPLUS pour un usage projet réel.
En synthèse
PILOT BIM et BIMPLUS partagent un même socle de coordination BIM autour d’un modèle fédéré, mais divergent surtout par leur écosystème et leur mode de déploiement. La décision se joue moins sur les fonctions de coordination que sur le contexte : contraintes d’hébergement, environnement logiciel existant, besoin de circuits d’approbation avancés d’un côté, ancrage francophone et plateforme cloud européenne de l’autre.
