PlanRadar ou Fieldwire : deux approches de la gestion d'exécution sur chantier
Équiper une entreprise de travaux ou une maîtrise d'œuvre d'un outil de terrain amène souvent PlanRadar et Fieldwire dans la même réflexion. Les deux gèrent plans, tâches, formulaires, photos et constats de chantier, avec une saisie mobile hors ligne et une synchronisation cloud. Le recouvrement est réel sur les usages cœur : relevés, réserves, RFI, tickets localisés sur plan.
Le sujet n'est donc pas de savoir laquelle « fait » la gestion de chantier, mais jusqu'où chacune étend son périmètre et dans quel écosystème elle s'inscrit. C'est là que les deux approches divergent.
PlanRadar et Fieldwire en bref
| Critère | PlanRadar | Fieldwire |
|---|---|---|
| Périmètre | Documentation sur plan, Gantt, GED versionnée, viewer BIM | Tâches, plans, formulaires, RFIs, budget selon édition |
| Écosystème | Éditeur indépendant, intégrations no-code étendues | Groupe Hilti, intégrations planning et finance |
| Interopérabilité | Import IFC, liens Revit, ArchiCAD, Allplan | Viewer BIM 3D fédéré multi-modèles |
| Accès | Éditions par utilisateur, essai, Enterprise sur devis | Palier gratuit puis éditions, API sur mesure |
Ce qu'elles ont réellement en commun
Les deux plateformes couvrent le même noyau d'exécution : localiser une information ou un défaut directement sur un plan, créer et affecter des tâches, remplir des formulaires terrain, joindre des photos et suivre l'avancement, avec un fonctionnement hors ligne puis une remontée cloud. C'est ce socle commun de gestion des constats et des réserves qui explique qu'une même entreprise puisse les mettre en balance pour équiper ses équipes de chantier.
Les différences qui comptent
L'étendue du périmètre fonctionnel
Au-delà du terrain, les deux outils n'embarquent pas les mêmes fonctions. PlanRadar réunit dans une même plateforme la documentation sur plan, un planning Gantt, une gestion documentaire versionnée et un visualiseur BIM ; les relevés 360° SiteView existent mais sont facturés séparément.
Fieldwire couvre tâches, plans, formulaires et viewer BIM 3D, et ajoute, selon l'édition, la gestion des RFIs, submittals, change orders et un suivi de budget. Une équipe qui veut piloter le volet financier du chantier depuis l'outil de terrain regardera Fieldwire dans ses éditions hautes ; un besoin de Gantt et de gestion documentaire intégrés oriente davantage vers PlanRadar.
L'écosystème et le modèle de rattachement
PlanRadar est un éditeur indépendant autrichien. Sa couche d'intégration, annoncée à plus de 200 applications via PlanRadar Connect (connecteurs no-code), s'accompagne d'une API REST et de webhooks.
Fieldwire appartient à Hilti et met en avant des intégrations natives orientées gestion de projet et finance : Primavera P6, Microsoft Project, Power BI, QuickBooks, Sage Intacct, Viewpoint. L'accès API y est réservé aux contrats sur mesure. Un environnement déjà organisé autour d'outils de planification ou de finance, ou autour de l'écosystème Hilti, se rapproche de Fieldwire ; un besoin de connexions no-code vers des applications métier variées se rapproche de PlanRadar.
Le conditionnement des fonctions par édition
Les deux fonctionnent par éditions progressives, mais la logique diffère. PlanRadar propose un abonnement par utilisateur avec un essai, SiteView facturé à part et une offre Enterprise sur devis. Chez Fieldwire, un palier gratuit limité précède des éditions payantes, les intégrations applicatives apparaissant à partir de l'édition Business et l'accès API restant lié aux contrats sur mesure.
Concrètement, plusieurs fonctions structurantes de Fieldwire (API, intégrations, budget) dépendent de l'édition retenue. Cadrer l'édition cible avant de comparer les coûts réels devient utile, en particulier pour un déploiement multi-projets.
L'approche BIM et l'interopérabilité fichiers
PlanRadar importe l'IFC et propose un visualiseur BIM permettant de localiser des informations dans le modèle, avec des intégrations natives vers des logiciels auteurs comme Revit, ArchiCAD et Allplan. Fieldwire, de son côté, propose un viewer BIM 3D capable de fédérer plusieurs modèles métiers (jusqu'à 1 Go en vue fédérée), avec des tâches géolocalisées en 3D et une navigation 2D-3D.
Si la coordination terrain repose sur des modèles fédérés volumineux, l'approche de Fieldwire mérite un examen attentif. Si le flux s'appuie sur l'IFC et sur une continuité avec les logiciels auteurs, celle de PlanRadar est plus alignée.
Quand regarder plutôt PlanRadar
- si le besoin principal combine documentation sur plan, gestion documentaire versionnée et planning Gantt dans un seul outil ;
- si l'environnement logiciel repose sur l'IFC et une continuité avec Revit, ArchiCAD ou Allplan ;
- si l'entreprise veut relier la plateforme à de nombreuses applications métier via des connecteurs no-code ;
- si les cas d'usage incluent l'exploitation et la maintenance après la remise du chantier.
Quand regarder plutôt Fieldwire
- si le projet nécessite RFIs, submittals, change orders et suivi de budget dans l'outil de chantier ;
- si l'environnement existant repose sur des outils de planification ou de finance comme Primavera P6, Microsoft Project, Sage Intacct ou QuickBooks ;
- si la coordination terrain s'appuie sur des modèles BIM fédérés volumineux avec tâches géolocalisées en 3D ;
- si l'entreprise est déjà rattachée à l'écosystème Hilti.
Points à vérifier avant de choisir
- l'édition Fieldwire nécessaire pour disposer des intégrations applicatives et de l'accès API, ces capacités étant conditionnées (Business ou contrats sur mesure) ;
- le coût réel de SiteView chez PlanRadar, facturé séparément via un commercial, et son incidence sur le budget récurrent ;
- l'hébergement des données et la localisation de la région pour les deux solutions, point non communiqué dans les données disponibles et potentiellement déterminant pour un cadrage RGPD.
En synthèse
PlanRadar et Fieldwire partagent le même socle de gestion d'exécution sur chantier, mais s'en éloignent par le périmètre qu'elles couvrent et l'écosystème dans lequel elles s'inscrivent : intégration large et connexions no-code d'un côté, rattachement à un environnement de planification et de finance de l'autre. La décision se joue moins sur les fonctions de terrain que sur l'édition cible, les intégrations attendues et l'approche BIM correspondant à vos flux réels.
