Revit ou OpenBuildings Designer : deux écosystèmes BIM pour une même production disciplinaire
Un bureau d'études ou une agence qui cherche à équiper une production BIM multi-métiers peut légitimement mettre ces deux outils sur la table. Revit et OpenBuildings Designer sont tous deux des logiciels auteur capables de couvrir architecture, structure et systèmes techniques dans une même application. Le besoin se recouvre largement.
La divergence ne se joue donc pas vraiment sur le périmètre fonctionnel, mais sur l'écosystème d'appartenance : Autodesk d'un côté, Bentley de l'autre. C'est cet ancrage, et la logique de licence qui l'accompagne, qui oriente le plus souvent la décision.
Revit et OpenBuildings Designer en bref
| Critère | Revit | OpenBuildings Designer |
|---|---|---|
| Périmètre | Logiciel auteur BIM multi-métiers (archi, structure, CVC) | Logiciel auteur BIM multi-métiers sur environnement MicroStation |
| Écosystème | Autodesk (Navisworks, Twinmotion, Forma, Advance Steel) | Bentley (MicroStation, GenerativeComponents, Station Designer) |
| Portefeuille | Fortement orienté bâtiment et conception-fabrication | Bâtiment intégré à un portefeuille orienté infrastructures |
| Licence | Abonnement à tarification publique, essai disponible | Sur devis, relation commerciale |
| Automatisation | Dynamo installé avec le logiciel | GenerativeComponents livré avec la licence |
Ce qu'elles ont réellement en commun
Les deux solutions produisent une maquette numérique, des plans 2D et des nomenclatures, et traitent plusieurs disciplines — architecture, structure, CVC, plomberie — dans une seule application. Pour une structure qui veut coordonner sa production disciplinaire au sein d'un même outil, le chevourement de besoin est suffisamment fort pour que la mise en concurrence ait du sens.
Les différences qui comptent
L'écosystème et les intégrations aval
C'est le point le plus structurant. Revit s'inscrit dans l'écosystème Autodesk avec des liens natifs vers Twinmotion pour le rendu, Navisworks pour la coordination, Advance Steel ou encore Forma pour les études amont (site, vent, carbone), sans oublier l'App Store dédié.
OpenBuildings Designer repose sur l'environnement MicroStation, avec des fonctions compagnes incluses comme GenerativeComponents ou OpenBuildings Station Designer, et alimente plans, quantifications et modèles disciplinaires. En pratique, les liens de production sont beaucoup plus fluides à l'intérieur d'une même famille logicielle. Ce critère pèse surtout quand l'organisation dispose déjà d'une chaîne d'outils établie chez l'un ou l'autre éditeur.
Le modèle de licence et la transparence tarifaire
Revit s'appuie sur un abonnement à tarification publique, avec essai en autonomie et accès aux versions précédentes. OpenBuildings Designer fonctionne sur devis, sans montant public ni mention d'essai dans les données disponibles.
La différence est moins une question de coût qu'une question de logique d'achat. Une équipe qui a besoin de budgétiser rapidement et de tester l'outil par elle-même se retrouve plus à l'aise avec un modèle public ; un achat cadré par une relation commerciale correspond davantage à l'autre approche.
L'automatisation et la conception computationnelle
Les deux outils intègrent une brique d'automatisation. Dynamo est installé avec Revit pour la programmation visuelle, et la conception générative est disponible pour les abonnés sur les éditions récentes. Du côté de Bentley, GenerativeComponents est livré avec la licence comme plateforme de conception computationnelle, installable en option.
L'approche et l'écosystème de scripts diffèrent. Le choix dépend surtout des compétences déjà présentes dans l'équipe et des flux computationnels qu'elle maîtrise.
Le positionnement du portefeuille éditeur
Revit est un produit central d'un portefeuille Autodesk fortement orienté bâtiment et conception-fabrication. OpenBuildings Designer est une offre bâtiment intégrée à un portefeuille Bentley plutôt tourné vers les infrastructures et les jumeaux numériques, avec un jeu de données aligné ISO 19650.
Ce positionnement peut compter pour un projet qui mêle bâtiment et infrastructures linéaires, ou qui exige un alignement explicite ISO 19650. À l'inverse, un contexte centré bâtiment, avec une large disponibilité de contenu et de compétences, se rapproche davantage de la logique Autodesk.
Quand regarder plutôt Revit
- Si l'environnement logiciel existant repose déjà sur l'écosystème Autodesk (Navisworks, Twinmotion, Forma, Advance Steel).
- Si l'équipe a besoin d'une tarification publique, d'un essai en autonomie et d'un modèle d'abonnement clair.
- Si le projet est centré bâtiment et s'appuie sur une large disponibilité de contenu et de compétences sur le marché.
Quand regarder plutôt OpenBuildings Designer
- Si l'environnement logiciel existant repose sur MicroStation et le portefeuille Bentley.
- Si le projet mêle bâtiment et infrastructures, ou nécessite un jeu de données aligné ISO 19650.
- Si des fonctions compagnes incluses, comme GenerativeComponents ou Station Designer pour les projets de gare, répondent directement au besoin.
Points à vérifier avant de choisir
- Le périmètre et la disponibilité actuels de l'Autodesk Assistant (IA) et de la conception générative, selon l'édition et la version de Revit retenue.
- Les conditions et le mode de licence d'OpenBuildings Designer, ainsi que l'existence éventuelle d'un essai, à confirmer auprès de Bentley.
- Le niveau réel d'échange bidirectionnel avec Revit via le RFA Interpreter Wizard, et les versions RFA prises en charge au-delà de 2021.
- L'hébergement et la conformité des données pour chacune des solutions, non communiqués dans les données disponibles.
En synthèse
Revit et OpenBuildings Designer répondent au même besoin : produire une maquette multi-métiers coordonnée dans un seul outil auteur. La vraie ligne de partage tient à l'écosystème d'appartenance et à la logique de licence qui l'accompagne. Dans la plupart des cas, c'est l'environnement logiciel déjà en place et la nature du projet — centré bâtiment ou mêlant infrastructures — qui doivent guider la décision, plus que le périmètre fonctionnel lui-même.
