SolidWorks ou Autodesk Fusion : deux approches pour la conception mécanique 3D
Modéliser une pièce, gérer un assemblage, sortir des plans 2D : sur ce socle, SolidWorks et Autodesk Fusion se croisent réellement. Un bureau d’études qui outille sa conception mécanique détaillée peut légitimement examiner les deux. Le chevauchement est solide sur la modélisation paramétrique, mais l’écart se creuse dès qu’on regarde l’étendue du périmètre couvert et la façon d’accéder à l’outil.
La question centrale n’est donc pas « lequel modélise le mieux », mais plutôt : faut-il un socle CAO mécanique que l’on étend progressivement, ou une plateforme qui réunit d’emblée plusieurs disciplines ? C’est cette différence d’approche qu’il faut garder en tête.
SolidWorks et Autodesk Fusion en bref
| Critère | SolidWorks | Autodesk Fusion |
|---|---|---|
| Périmètre | CAO mécanique, assemblages et documentation 2D | CAO, FAO CN, simulation et électronique réunies |
| Accès | Licence liée à une machine, tarif public par éditions | Abonnement cloud, entrée gratuite et essai disponibles |
| Données | Collaboration et versionning via 3DEXPERIENCE | Gestion de versions et partage intégrés nativement |
| Interopérabilité | Formats natifs et standards industriels | AnyCAD et modélisation directe sur géométries importées |
Ce qu’elles ont réellement en commun
Les deux outils répondent au même besoin de base : la CAO mécanique 3D paramétrique, avec gestion des assemblages et génération de plans 2D, dans un cadre de conception détaillée de produits et de pièces. C’est précisément ce recouvrement fort sur la modélisation qui justifie de les mettre côte à côte lorsqu’une équipe évalue un outil de production pour ses études mécaniques.
Les différences qui comptent
Étendue native du périmètre
SolidWorks se concentre sur la CAO mécanique, les assemblages et la documentation 2D. La simulation statique et de mouvement relève de l’édition Premium, tandis que la collaboration, le stockage et la gestion de révision passent par la plateforme 3DEXPERIENCE. Le socle est donc étendu par des briques complémentaires.
Fusion, à l’inverse, réunit dans un même produit la CAO mécanique, la FAO CN, la simulation, l’électronique PCB et la gestion de données. Les fonctions avancées passent par des extensions dédiées (Manufacturing, Simulation, Design, Signal Integrity, Manage). Une équipe qui veut relier conception, fabrication CN et électronique dans un seul environnement regardera plutôt de ce côté ; un besoin CAO mécanique pur, étendu au fil de l’eau, oriente davantage vers SolidWorks.
Modèle d’accès et de licence
SolidWorks propose une CAO desktop avec licence liée à une machine, ainsi qu’une variante entièrement navigateur (xDesign) en licence mono-utilisateur rattachée à un compte. La tarification est publique, structurée par éditions annuelles progressives.
Fusion fonctionne depuis un poste avec stockage et collaboration cloud, avec une offre personnelle gratuite limitée et un essai de 30 jours. L’accès repose sur un abonnement cloud unifié. Ce point pèse selon la préférence de chacun : une licence machine claire avec tarif public d’un côté, une entrée gratuite ou d’essai pour évaluer avant de s’équiper de l’autre.
Gestion des données et collaboration
Chez SolidWorks, le stockage, le versionning, le partage de maquettes et la collaboration reposent sur la plateforme 3DEXPERIENCE, en complément du poste de travail. Ces fonctions supposent donc l’adoption d’une brique dédiée.
Fusion intègre nativement la gestion de versions, les droits utilisateurs, le partage par lien navigateur et les espaces multi-utilisateurs, sans PDM séparé pour les usages de base. Pour une petite structure qui cherche à collaborer sans empiler d’outils, ce fonctionnement intégré simplifie clairement le dispositif.
Réutilisation de géométries externes
SolidWorks échange via ses formats natifs (SLDPRT, SLDASM, SLDDRW) et les formats industriels standards. Fusion met en avant la modélisation directe et AnyCAD pour éditer et réutiliser des géométries non natives importées d’autres outils, sans reconstruction complète. Un flux qui impose de reprendre régulièrement des fichiers CAO hétérogènes peut trouver ici un intérêt concret.
Quand regarder plutôt SolidWorks
- Si le besoin principal est une CAO mécanique et une documentation 2D solides, étendues progressivement par éditions.
- Si l’environnement logiciel existant repose déjà sur l’écosystème Dassault Systèmes et la plateforme 3DEXPERIENCE.
- Si une tarification publique et une licence liée à une machine sont préférées pour cadrer les postes de travail.
Quand regarder plutôt Autodesk Fusion
- Si le projet nécessite de relier conception, FAO CN et électronique PCB dans un seul produit.
- Si l’équipe recherche une gestion de données et une collaboration cloud intégrées, sans PDM distinct.
- Si une entrée gratuite ou un essai est utile pour évaluer l’outil avant d’investir.
- Si le flux impose de réutiliser fréquemment des géométries importées d’autres outils CAO.
Points à vérifier avant de choisir
- Les montants et périodes exacts d’abonnement Fusion, qui peuvent réellement peser sur la décision.
- Le périmètre inclus par défaut face à ce qui relève d’extensions payantes chez Fusion (FAO avancée, simulation, électronique) et des éditions ou de 3DEXPERIENCE côté SolidWorks.
- Le nom commercial et le positionnement actuels des gammes SolidWorks (Design with Cloud Services, xDesign) et Fusion, susceptibles d’évoluer.
En synthèse
Les deux solutions se rejoignent sur la CAO mécanique 3D paramétrique, mais raisonnent différemment sur le périmètre : SolidWorks propose un socle mécanique étendu par des éditions et par 3DEXPERIENCE, quand Fusion réunit d’emblée plusieurs disciplines dans un abonnement cloud unifié. Le contexte à examiner en priorité reste donc l’étendue réelle du besoin et le mode d’accès attendu, avant même les fonctions de modélisation.
