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Membre de la semaine : Jessika Lelièvre, chargée d'expertise BIM et BEM chez CIMA+

Membre de la semaine : Jessika Lelièvre, chargée d'expertise BIM et BEM chez CIMA+

Notre série "membre de la semaine" continue, après la précédente rencontre avec Floris Herbert le premier membre hexaBIM, on a découvert son parcours, ses missions en tant que projeteur Revit et ses outils au quotidien, j'ai eu le plaisir d'interviewer Jessika Lelièvre, une des plus actifs membres de la communauté, vous avez certainement lu une de ses contributions sur le site et étiez impressionné, comme moi aussi, par la richesse de ses informations et son BIM-enthousiasme, on va découvrir ensemble  son parcours, ses compétences, ses projets, son travail au quotidien ainsi que sa vision du BIM, et bien sur ce qu'elle pense de la communauté hexaBIM et ses membres, retenez votre souffle l'interview est assez riche !


Jessika, quel parcours vous a amené au monde du BIM et de la maquette numérique ?

En premier lieu, mon parcours a débuté en 2008 avec une de mes cousines qui est architecte déléguée aux normes architecturales du Québec. Comme j’étudiais déjà le milieu de la construction et de ses pratiques, elle m’a initié aux maquettes architecturales et aux processus, procédures et normes au niveau du BIM. C’était dans le but de me montrer là où certains pays avaient évolués. J’ai donc commencé à connaitre les principes de gestion de modèles BIM, les outils disponibles et les méthodes de combinaisons entre eux afin d’optimiser et de créer des modèle d’architecture des plus innovateurs et révolutionnaires. Comme il se faisait ailleurs dans le monde, tel que la Norvège. C’est, de surcroît, ce qui m’a interpellé et qui m’a fait comprendre que je venais de trouver le domaine dans lequel j’étais à l’aise et pour lequel j’étais instinctivement préparé.

Comme j’étais aux études en technologie de l’ingénierie en mécanique du bâtiment, je faisais également de la simulation énergétique standard et de la conception de systèmes mécaniques, tels que la réfrigération, le chauffage, la plomberie, la ventilation etc… J’avais donc le désir de créer la maquette numérique mécanique complexe comportant tous les calculs que l’on exécute dans les pratiques de conceptions standards. De plus, ma curiosité insatiable et la passion qui me gagnait davantage, de jour en jour, m’a poussé à m’investir de manière intensive, constante et rigoureuse, dans l’étude des technologies BIM et BEM (Building Energy Modeling du modèle de conception intégré) et de connaitre tous les outils développés à ce jour, leurs études de cas et ce qui allait être développé.

En somme, depuis 2008, je m’emploie à être constamment à jour dans l’évolution des pratiques du BIM et de la BEM, je m’investis auprès des universités afin de développer des programmes d’études et de stages reconnus, également dans les collèges pour ainsi toucher à tous les secteurs d’enseignement dédiés aux études supérieures que l’on retrouve dans le milieu de la construction/ secteur bâtiment. Une fois entré sur le marché du travail, je tenais à faire découvrir à d’autres ce que j’apprenais à mettre en pratique et le temps que j’économisais comparativement aux projets fait de façon standard. Il y avait tant d’avantages !


Sur quels projets BIM avez-vous travaillé et quelles étaient vos missions ?

Comme mon évolution a été rapide, on m’a vite confié des projets qui avaient l’option d’être réalisé avec des processus de gestion d’intégration BIM. L’enjeu de taille, c’est que j’allais être seule pour réaliser le tout, car personne de connaissait ces technologies et les différentes façons de les rentabilisés et de les mettre en œuvre. Donc, les responsabilités étaient grandes, mais les défis ne m’ont jamais fait peur. Mes premiers projets ont été des sections des chaufferies (Salles mécaniques), dans des écoles. Pour ce type de projet, la mission était de modéliser les composantes en 3D, mais en plus, d’y ajouter les calculs de conception intégrés, et ce, à l’intérieur de chaque composantes. Les méthodes traditionnelles qui visaient à faire la conception avant et de faire des révisions ensuite pour éventuellement transmettre le tout à un dessinateur Autocad, se voyaient, dès lors, changées. À partir de ce moment, la conception prenait littéralement forme et comportait les calculs d’ingénierie multidisciplinaire. Dès cet instant, une personne pouvait remplir plusieurs rôles à la fois et être davantage rentable en ne négligeant plus le niveau de détail technique, par manque de temps dû à aux échéanciers serrés. Le niveau technique ajouté était l’utilisation de modules CLOUD, pour effectuer la coordination avec les autres corps de métiers. Le défi que cela amenait était qu’il nous fallait également initier les entrepreneurs en constructions à se familiariser avec ces nouvelles procédures et technologies. Le tout s’était bien déroulé, donc nous avons continué à approfondir les niveaux de réalisation BIM et l’envergure des projets.

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Ensuite, les seconds projets ont été des bâtiments d’entreposage avec parties bureaux. Ces projets nécessitaient plus de manipulations variées, telles que l’échange du modèle centrale au travers plusieurs logiciels plate-forme (Naviswokrs via Revit et 3Ds Max Design, introduction de composantes créer avec solidworks flow simulation via Inventor ou Infrawork etc) et de plusieurs logiciel CLOUD (A360, GLUE 360 et FIELD 360). Il y avait également le volet échéancier qui devait nouvellement être intégré au modèle comportant toutes les maquettes liées des autres disciplines (Mécanique, électrique/ éclairage, structure et architecture). Il nous fallait utiliser des niveaux comme le 4D et le 5D, donc intégrés les volets de coûts et temps d’exécution animée. Ce qui veut dire créer un film d’animation construisant réellement le modèle complexe. L’architecte devait inclure les coûts des matériaux et de l’insertion des fiches techniques des matériaux à même les composantes du modèle architectural. Il en allait de même pour les autres maquettes y devant être liées. Par contre, dans ce contexte c’est moi qui devais inclure les fiches et diriger l’évolution, la création et le respect des procédures BIM générales. On sait tous que normalement l’architecte est le gestionnaire d’ouvrage, mais dans ces cas-là, il n’avait pas les connaissances en matière de logiciels BIM et de ce que cela impliquait. Donc je devais être gestionnaire BIM. De plus, l’objectif LEED était de procéder à une simulation énergétique animée des changements climatiques (4 saisons au Québec) qu’allait subir le bâtiment d’entreposage et de voir comment les systèmes mécaniques allaient-ils réagir aux variations de température. Une simulation énergétique standard était exécutée en même temps afin de mesurer le réel avantage de s’orienter vers les pratiques du BIM.

Avec l’expérience et le temps, on m’a demandé de représenter la ville de Montréal, en tant que qu’analyste expert en BIM et en BEM afin d’analyser les maquettes que proposaient des firmes d’architecture européenne. Le mandat était de diagnostiquer le niveau de détail et de perfectionnement des modèles ainsi que les possibilités d’évolutions techniques que nous avions en partant de ce que nous recevions. Il fallait émettre un rapport d’analyse qui mentionnait les ajouts à effectuer et le niveau de détail à augmenter, de leur côté. Je devais établir des standards, car il s’agissait d’un concours qui allait déterminer quels professionnels soumet le modèle le plus original pour un projet LEED comportant plusieurs bâtiments du parc olympique montréalais. La firme d’ingénierie pour laquelle je travaille depuis le début de ma carrière me confiait donc le d’analyse et de standardisation municipal des modèles numériques proposés.

Plusieurs projets variés plus tard, en 2014, j’ai entrepris des démarches auprès d’établissement supérieurs afin d’y intégrés plus de connaissances concrètes au niveau du BIM. De cette initiative, ont découlés plusieurs projets dédiés aux partages de connaissances et la formation de la relève. Être une ressource en formation technique m’exigeait d’être en constante amélioration afin d’offrir le meilleur et le plus actuel du BIM et de la BEM aux étudiants. Je continu de m’investir dans la formation, à ce jour. Ultimement, on m’a demandé de former différents professionnels au sein de la firme pour laquelle j’œuvre.

Par la suite, bon nombre de projets variés ont vu le jour et j’ai eu la chance de perfectionner mes connaissances. Il ne faut rien prendre pour acquis, car rien ne reste statique en technologies.

Début juillet 2015, je serai consultante/ Analyste expert BIM dans le plus gros chantier de construction du Canada. Le bâtiment a été conçu en BIM, par un consortium étranger. Il en résulte certaines problématiques et mon rôle sera d’analyser ce qui a été fait et de définir quoi faire pour redresser la situation. Il y aura également de la coordination à effectuer en chantier afin de s’assurer que les changements dans le modèle central du centre hospitalier universitaire soient fidèles à la réalité. C’est le plus gros mandat de coordination BIM/chantier que j’aurai à ce jour. Le défi est de taille et je me considère chanceuse que ce soit mon expertise que l’on ait choisit, dans le but de respecter le livrable du bâtiment, à la ville de Montréal.

Quel sont vos logiciels et extensions BIM préférés et pourquoi ?

Les outils que j’utilise principalement en alternance et de manière constante sont Revit MEP, structure et architecture, Navisworks, ArchiCAD MEP, SolidWorks Flow simulation, Maya Construction, 3Ds Max Design, Analyste Notebook et codebook, CATIA, Infraworks, Inventior, CYPECAD MEP, Vectorworks, DDS-CAD, ArchiCAD, Building smart (comme plate-forme collaborative), RIHNO MEP, Smartplan, Trimble MEP, Etc…

Ainsi que des modules et des extensions tels que AutoCASE, REM, GLUE et FIELD 360 (et autres CLOUDs), ECMfin (prélim), DOE-2 engineering, C-Fact, Energy Analysis, Lightning et Daylightning, CFD Simulation and Multiphysics, Energy Cost range, Solar Analysis (for revit or Navisworks), FORMit pro 360, Outils IES environnement, Design Builder, Primavera 3 (Beta), Formax2 + outils dans Sustanability, PointSens (pour Matherport etc… Nuage de points/ Sacn 3D), Sun and Shadow studies, RMI (Hvac), Electronic cooling et HVAC (Solidworks), Etc…

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Mon objectif n’est pas de développer une expertise stagnante. C’est de faire des projets avec des logiciels utilisés partout dans le monde et dont je peux éprouver les forces et expérimenter les faiblesses. Je suis constamment à l’essai de nouveaux produits et je les utilise fréquemment. C’est un des principaux effets secondaires : être passionnés du BIM ça nous incite à ne pas être fixes sur un produit.

Pour chaque logiciels plate-forme venant de plusieurs fournisseurs de Software, j’utilise les modules dédiés aux simulations énergétiques implémentés dans le modèle centrale afin d’optimiser le niveau de qualité d’ingénierie de chaque discipline. Mon principal intérêt est de m’assurer que chaque discipline comme la mécanique, par exemple, fournissons la nature exact des équipements et proposons ce qu’il y a de mieux pour leurs clients; si on s’aperçoit que dans certains cas, la conceptions proposée pour la partie CVAC n’est pas optimum (ce que l’analyse de la maquette mécanique indique), alors on révise les équipements proposés et les calculs de charges afin de voir si, avant que le chantier de construction ne débute, il est possible de modifié nos sélections et rendre la ventilation et le conditionnement de l’air plus efficace au niveau de la consommation électrique, gaz naturel etc…

Le fait de manipuler plusieurs types de produits, fait en sorte que l’on peut s’orienter de manière plus consiste et directement aller aux enjeux principaux en utilisant les bons outils au bon moment, et ce, dès le départ. Ça permet de mieux calculer les échéanciers BIM et de prévoir vers quels outils nous tournerons nous si certains problèmes arrivaient. Ça permet également de travailler avec un lot d’entrepreneurs variés et de ne pas les contraindre à un type de logiciel.


Vous étiez parmi les premiers membres à nous rejoindre sur hexaBIM, que pensez-vous de cette communauté et de son évolution ?

Pour ma part, dès que j’ai eu terminé d’analyser le type de membres que composait cette plate-forme de discussions, j’ai constaté qu’il s’agissait de gens professionnels, curieux et engagés envers le BIM et son évolution. J’ai très vite eu hâte de contribuer aux informations que l’on retrouve sur cette plate-forme collaborative de partage. C’est très enrichissant d’échanger et de communiquer avec d’autres professionnels qui ont un parcours et des expériences variés. Je crois que le site devient de plus en plus complet et se fait connaitre rapidement. Les gens posent des questions et les réponses sont pertinentes.

Je sais qu’Autodesk a déjà reconnu le contenu de cette communauté et je pense qu’ils ont vu juste ! Cette communauté ne fera que prendre de l’expansion et sera une référence pour les gens qui veulent implanter le BIM dans leur entreprise en ayant une vision globale du vécu technique de chaque membre. Les clients comme les professionnels techniques y trouveront leur compte ! Moi, j’ai décidé de participer activement à l’émancipation de cette communauté, car je crois que la vraie éducation du BIM réside dans le partage et le vécu professionnel international.


Un mot pour les membres hexaBIM ?

Le plus important c’est de se faire confiance. L’expérience technologique ne se bâtit pas aussi rapidement que l’on souhaite, parfois. Il est important de rester humble et terre-à-terre, c’est-à-dire réaliste et conscientisé au fait que tout évolue rapidement et qu’il est faut être en mesure d’apprendre rapidement. On ne se lance pas de pierres, tout s’apprend ! Il y a seulement des façons d’apprendre qui sont mieux adaptées à chacun de nous et c’est en côtoyant des gens qui œuvrent dans le milieu qu’on se développe et qu’on apprend rapidement. Il faut également essayer de tout ! C’est ainsi que l’on trouvera son propre crédo et ce qui nous ressemble. Je suggère de commencer par s’éduquer sur les principes de gestion et processus BIM avant de débuter des projets. Également, de voir un peu qu’est-ce qui fonctionne bien pour de petits projets, pour des projets intermédiaires et de grands projets. Une des bonnes pratiques à suivre est de questionner les gens qui ont fait des projets terminés; connaitre leurs embuches et connaitre leurs bons coups. Il faut être conscient que ça prend environ 2 à 3 ans avant d’être très performant et rentable en BIM, lorsqu’on se lance pour la toute première fois en BIM. La dernière chose que j’ajouterais c’est de voir ce qui se fait partout dans le monde et de se faire une tête là-dessus. Ça prend un instinct technique furtif !

 

Merci Jessika pour ces réponses, on retiendra "On ne se lance pas de pierres, tout s’apprend !"
N'hésitez pas à nous tenir au courant pour suivre l'avancement de vos projets, gardez surtout votre enthousiasme et au plaisir de vous lire à nouveau.

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