MIDAS nGEN ou SCIA Engineer : quelles différences pour un BET structure en phase EXE ?
Un bureau d'études structure qui doit modéliser, analyser et dimensionner des ouvrages béton armé et acier se retrouve vite face à plusieurs environnements intégrés capables de couvrir cette chaîne. MIDAS nGEN et SCIA Engineer en font partie : tous deux visent le même cœur de métier, du modèle de calcul jusqu'aux vérifications et aux plans.
Le chevauchement est réel sur ce socle calcul-dimensionnement. Les deux outils divergent en revanche sur trois terrains qui pèsent en phase EXE : l'ouverture openBIM vers la chaîne BIM, la couverture normative documentée et l'ancrage francophone. C'est là que la réflexion se joue.
MIDAS nGEN et SCIA Engineer en bref
| Critère | MIDAS nGEN | SCIA Engineer |
|---|---|---|
| Usage | Modélisation, analyse et dimensionnement béton et acier | Modélisation, analyse et dimensionnement béton et acier |
| Interopérabilité | API propriétaire ; liaisons openBIM non documentées | Échanges IFC/SAF, liaisons Revit, Tekla, Allplan, Archicad |
| Normes | Référentiel non précisé dans les données | Couverture Eurocodes et certifications documentées |
| Langue | Ressources et interface en anglais | Site et références en français |
| Offre | Sur devis, essai mentionné | Sur devis, éditions progressives, essai 30 jours |
Ce qu'elles ont réellement en commun
Les deux solutions répondent au même besoin d'un BET structure : un environnement intégré pour modéliser, analyser et dimensionner des ouvrages béton armé et acier, puis produire les vérifications et les plans associés. C'est ce socle calcul-dimensionnement, partagé, qui explique qu'un même bureau d'études puisse les retrouver dans une même sélection de solutions.
Les différences qui comptent
Ouverture openBIM et échanges avec la maquette
La première divergence tient à la place de l'outil dans une chaîne BIM. MIDAS nGEN est décrit comme un logiciel desktop doté d'une API propriétaire ; les données ouvertes ne documentent pas de liaisons natives IFC ou SAF, ni d'allers-retours avec Revit ou Tekla.
SCIA Engineer met de son côté en avant des échanges IFC et SAF, ainsi que des liaisons natives avec Revit, Tekla, Allplan, Archicad et BIMPLUS, ce qui le positionne clairement sur les flux openBIM de calcul structure.
Pour une équipe insérée dans une chaîne BIM, avec des allers-retours entre modèle analytique et maquette numérique, cette ouverture documentée devient un critère de premier plan. L'interopérabilité réelle de nGEN au-delà de son API reste, elle, à confirmer.
Couverture normative et conformité
Sur le plan des normes, les contenus ouverts de nGEN illustrent des cas d'usage bâtiment mais ne précisent ni référentiel normatif ni certifications explicites. SCIA Engineer affiche à l'inverse une couverture Eurocodes et des certifications (ISO 27001, ISO 16739, buildingSMART), avec un dimensionnement selon des normes nationales et internationales.
Pour des projets soumis aux Eurocodes en contexte français ou européen, cette couverture documentée pèse dans la décision. Le référentiel exact pris en charge par nGEN mérite d'être clarifié en amont.
Implantation francophone
L'ancrage local diffère aussi nettement. MIDAS nGEN ne propose pas de site ni de documentation en français ; l'académie et le centre d'aide sont en anglais, même si une référence française est citée (SOCOTEC Infrastructure France). SCIA Engineer dispose d'un site en français, cite des références francophones (Losinger Marazzi, Besix) et affirme un positionnement européen.
Un BET qui privilégie support, documentation et interface en français y trouvera un environnement plus lisible du côté de SCIA. nGEN suppose d'accepter des ressources anglophones au quotidien.
Structure de l'offre et éditions
Dernier point de divergence : la manière dont l'offre est découpée. nGEN est proposé sur devis, avec un essai gratuit mentionné, mais sans structuration en éditions visible dans les données. SCIA Engineer répartit son offre en éditions progressives (Concept, Professional, Ultimate) selon la profondeur fonctionnelle — assemblages acier, phases de construction, précontraint — avec un essai gratuit de 30 jours.
Cette gradation permet d'aligner la licence sur le périmètre technique réellement nécessaire. Chez nGEN, l'absence de gradation visible invite à cadrer directement le besoin avec l'éditeur.
Quand regarder plutôt MIDAS nGEN
- si le besoin principal est un flux intégré modélisation-analyse-dimensionnement-plans centré bâtiment béton armé et acier ;
- si l'environnement logiciel existant repose déjà sur l'écosystème MIDAS (ponts, géotechnique) et que la continuité d'éditeur est un atout ;
- si l'équipe accepte de travailler avec des ressources et une interface en anglais.
Quand regarder plutôt SCIA Engineer
- si le projet nécessite des allers-retours openBIM natifs avec Revit, Tekla, Allplan ou Archicad et des échanges IFC/SAF ;
- si le besoin principal est une couverture Eurocodes assortie de certifications documentées ;
- si l'équipe travaille principalement en français et privilégie un éditeur implanté en Europe ;
- si le projet requiert des fonctions avancées graduables (assemblages acier, phases de construction, précontraint) via des éditions distinctes.
Points à vérifier avant de choisir
- les capacités réelles d'interopérabilité de MIDAS nGEN (support IFC, SAF, liaisons Revit/Tekla) au-delà de l'API propriétaire ;
- les référentiels normatifs pris en charge par nGEN, en particulier les Eurocodes, pour un usage en France ;
- l'édition SCIA Engineer nécessaire pour couvrir précisément le périmètre visé (assemblages, phases, précontraint) ;
- les conditions actuelles de licence et la disponibilité de l'essai pour chaque solution, susceptibles d'évoluer.
En synthèse
MIDAS nGEN et SCIA Engineer partagent le même cœur calcul-dimensionnement béton et acier, mais s'en écartent surtout sur leur rapport à la chaîne BIM et à l'environnement français. Là où SCIA documente ouverture openBIM, couverture Eurocodes et ancrage francophone, plusieurs de ces points restent à préciser pour nGEN. Le contexte du projet — insertion dans une maquette numérique, exigences normatives et langue de travail — reste le principal fil conducteur de la décision.
