Solibri élargit le model checking entre IA, point cloud et infrastructure
Avec sa récente release de juin 2026, Solibri introduit un assistant IA en bêta dans son environnement desktop, renforce le contrôle sur nuages de points et étend ses workflows aux projets d’infrastructure. Une mise à jour qui en dit long sur la direction prise par le model checking.
L’IA entre par la porte la plus pragmatique
Dans le BIM, l’IA est souvent montrée comme une promesse large. Solibri choisit une approche plus resserrée. Avec sa release de juin 2026, l’éditeur introduit un assistant IA en bêta dans son environnement desktop, capable d’aider sur des tâches de contrôle déjà bien cadrées : configurer des règles, lancer des vérifications, naviguer dans les résultats ou interroger les composants du modèle.
Ce positionnement est assez lisible. Solibri ne présente pas l’IA comme un nouveau cerveau du projet, mais comme une couche d’assistance dans un workflow existant. Pour les professionnels du BIM, c’est sans doute l’angle le plus crédible aujourd’hui : moins de discours sur la rupture, plus de promesses sur l’exécution.
Le signal le plus concret est peut-être ailleurs
L’autre sujet de cette mise à jour, c’est le renforcement du contrôle sur nuages de points. Solibri ajoute des règles pour comparer relevés et composants du modèle, avec des contrôles de clash, de clearance et de matching, tout en élargissant la prise en charge aux formats .las et .laz en plus du .e57.
Dit simplement, Solibri continue de rapprocher le model checking de la réalité construite. C’est probablement plus structurant pour les équipes que la seule présence d’un assistant conversationnel. Le sujet n’est plus seulement de vérifier une maquette, mais de mieux mesurer l’écart entre l’intention et l’exécution.
Une évolution qui dépasse le bâtiment classique
La release pousse aussi les workflows infrastructure avec un meilleur support d’IfcAlignment et de nouveaux outils de coupe pour les actifs linéaires comme les routes, le rail ou les ponts. Ce n’est pas un détail. Cela montre que le terrain du model checking continue de s’élargir au-delà des cas d’usage bâtiment les plus classiques.
Pour les acteurs BIM, le message est assez clair : les outils de vérification cherchent à rester pertinents dans des projets plus variés, avec des géométries, des linéarités et des logiques de lecture différentes.
Derrière la nouveauté, un travail sur la chaîne de traitement
La mise à jour ajoute aussi de la personnalisation des résultats, des intégrations issues management avec Autodesk Forma, ACCA et KISS-BIM, ainsi que plusieurs améliorations de règles, de performance, de sécurité et de localisation. Pris séparément, ce ne sont pas les annonces qui feront les gros titres. Ensemble, elles disent quelque chose d’utile : Solibri travaille autant la circulation de l’information que la détection elle-même.
C’est souvent là que se joue la valeur dans les projets. Pas dans le nombre de checks disponibles, mais dans la capacité à transformer un résultat de contrôle en information exploitable, partageable et compréhensible par les équipes.
Reste maintenant à voir comment ces briques s’installent dans les pratiques. L’assistant IA, le point cloud et les workflows infrastructure ouvrent des perspectives, mais leur valeur se jugera sur le terrain, dans la manière dont ils s’intègrent aux processus de coordination et de vérification déjà en place.
